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Les filieres IT en Suisse

Pour les 8 prochaines années, l’organisation  patronale “ICT-formation professionnelle” estime que la Suisse va manquer de  10’000 informaticiens par an. Quelles sont les filières  qui fournissent la Suisse en informaticiens ? Comment en augmenter le volume tout en collant à l’évolution du besoin ?

1ère filière : Les Hautes Ecoles

La Haute École BernoisePour ICT-Formation professionnelle, les développeurs informatiques sont au centre du besoins futurs. Ils sont principalement formés par les Hautes Ecoles comme la Haute école spécialisée bernoise, la Haute Ecole d’Ingéniérie et de Gestion du canton de vaud (HEIV-VD), la Haute Ecole de Gestion de Genève (HEG-GE).

Cette filière n’est pas limitée aux études informatiques car deux tiers des nouveaux employés ont suivi des études différentes.  C’est le cas avec la nouvelle profession de “médiamaticiens” professionnels de l’environnement multimédia. Ils ont des compétences complémentaires graphiques, design, marketing.

Les études en Haute Ecole ont une partie pratique. Les projets en cours de formation sont choisis pour préparer les étudiants aux besoins des entreprises locales. Cette proximité avec les entreprises est renforcée par la possibilité d’une formation en cours d’emploi (sur neuf semestres à l’HES Bernoise).

Cette filière regroupe aussi les formations plus académiques comme l’Université et les Ecoles Polytechniques.

2ème filière : La formation professionnelle

La cité des métiers à GenèveLes administrations font actuellement un effort important sur la formation professionnelle de l’informatique. Son contenu vient d’être mis à jour par L’ordonnance 2014 de formation d’informaticien. Cette formation de base alimente directement le marché du travail et les passerelles vers les Hautes Ecoles.

La filière de l’apprentissage est économique pour la Confédération car le coût de formation est partagé avec l’employeur. Pour que l’apprenti et que l’entreprise s’y retrouvent, ces formations IT sont rapidement opérationnelles. Elles sont spécialisées en trois branches : Informatique d’entreprise, Développement d’applications, Technique des systèmes.

Selon François Mayer responsable pour la formation initiale au Groupement romand de l’informatique (GRI) , pour les entreprises informatiques, le retour sur investissement d’un apprentissage est assuré au cours de la 4ème année. Il commence par coûter  (1ère année -6’000 Chf, 2ème année -1’000 Chf ), pour ensuite rapporter à l’entreprise (3ème année +4’000 Chf, 4ème année +10’000 Chf).

La formation professionnelle supérieure avec le Brevet et le Diplôme fédéral ouvre aussi la porte à des fonctions précises :  Analyste d’affaires, Chef dans l’introduction ou l’optimisation de projet, Chef de groupe ICT,  Gestionnaire des produits dans les domaines logiciels ou matériels, Consultant …

La formation professionnelle IT Suisse permet à l’employeur d’accompagner son employé jusqu’au Bachelor ou Master. Elle tisse une relation à long terme entre l’entreprise et l’employé. Les PME ont à réduire le risque de départ de l’employé une fois son diplôme obtenu. Pour cela, il convient de lui donner des perspectives et de préserver l’innovation. Une PME qui innove retient mieux  ses employés. Dans une grande entreprise, des évolutions internes sont plus faciles à proposer, encore faut-il un accompagnement spécifique du collaborateur.

3ème filière : Les étrangers

resultats_votation_immigration_suisse_2014Selon “ICT-Formation professionnelle Suisse” , l’étranger est la troisième filière qui alimente les 10’000 nouveaux informaticiens annuels. Ces informaticiens ont des diplômes de type ingénieurs informatique, Masters ou Bachelors. En Suisse romande ce sont principalement des français qui sortent d’écoles d’ingénieurs, de 3ème cycle d’université ou des DUT cotés.

“ICT-Formation professionnelle Suisse” souligne le risque d’une application trop restrictive des quotas en 2017 sur cette source de compétences. Le pragmatisme Suisse devrait aboutir à des textes d’application qui ne pénalisent pas trop l’économie Suisse. Ce sera le résultat de concertations entre les autorités fédérales, le législateur et les associations patronales.

Les Pistes

Pour atténuer les limites à l’arrivée de compétences IT étrangères, c’est aux RH (service des ressources humaines), aux administrations et aux entreprises de location de service d’être innovantes et de contribuer à dynamiser l’arrivée de spécialistes issus de la formation professionnelle et des Hautes Ecoles.

Pour Jacques Neirynck, Conseiller national du Canton de Vaud, expert en questions d’éducation et de formation, la filière des écoles polytechniques est aussi un moyen d’augmenter le flux de nouvelles compétences. Sur les 9’868 étudiants de l’EPFL, 4’992 viennent du monde entier. Des conditions d’admission plus difficiles pour les étrangers en 1ère année de Bachelor poussent les promotions à l’excellence. Cette ouverture raisonnée alimente le marché en hautes compétences. Elle permet à la Confédération de ne pas payer le début de formation jusqu’à la maturité étrangère.  Pour bénéficier pleinement de cet effet,  Jacques Neirynck juge que la Confédération devrait permettre à l’école de Lausanne d’avoir le même nombre d’étudiants que sa consoeur de Zurich (15’000).

Pour répondre au besoin d’informaticiens en nombre et en compétence, c’est une mobilisation conjointe des filières de formation et des entreprises qui est nécessaire. Sans oublier l’informaticien lui même car au final, c’est à lui d’aligner l’évolution de ses compétences sur son projet professionnel.

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