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Le DevOps, utile pour l’informatique suisse ?

Les salaires suisses sont 2 à 3 fois plus élevés que ceux des pays voisins.
Ces mêmes voisins ont des salaires beaucoup plus élevés que d’autres pays lointains. Un vent de délocalisation souffle !
Va t’on vers la disparition du travail dans la filière informatique (IT) en Suisse?

Dans les faits, les différences de salaires ne sont pas uniformes.
Sur les profils “lourds” comme les développeurs Java, Business Analysts expérimentés, intégrateurs DevOps, les salaires sont très proches en Suisse et en Europe (Allemagne, France, UK).
Sur les profils davantage “éloignés” du métier, les différences de salaire sont plus importantes.

Bien que les Directions générales se focalisent sur le différentiel de salaire, ce ne devrait pas être le principal moteur d’une délocalisation de l’IT hors de Suisse. Dans un pays innovant comme la Suisse, ce qui est important c’est l’efficience de l’IT dans sa contribution à la stratégie de l’entreprise.

L’interaction avec l’utilisateur

L’interaction entre l’équipe délocalisée et les utilisateurs, est un point critique des dispositifs offshore. Ces dispositifs, ont besoin d’une équipe nombreuse en charge de la gouvernance et du suivi du service.  Une équipe du prestataire s’installe sur le site de l’IT local pour faire l’interface avec le dispositif délocalisé.
Dans le cas spécifique de l’offshore indien, ces consultants vont aussi traduire aux développeurs les besoins de l’anglais “international” vers l’anglais “indien”. Ils vont œuvrer à concilier la logique binaire de l’informatique européenne avec une logique “indienne” où la négation est taboue et le oui oscille dans une palette infinie de variations. Pas facile de coder quand on a des difficultés à se comprendre !
Reste que cette communauté expatriée s’organise et s’installe. Des rotations de postes suffisamment longues, pourraient contribuer à faciliter la communication. Mais elles coûtent plus cher et augmentent le risque de changement d’employeur du collaborateur …

Tournoi de Criquet à Genève
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Le besoin de réactivité à la rescousse de l’informaticien

Les entreprises peu innovantes, avec une offre de produits stable, peuvent se conformer à une une gouvernance rigide comme le CMMI qui empile les couches de services (analyse, développement, intégration, système, infrastructure). Ce type d’organisation est prédisposée au démontage et à la délocalisation d’une brique de service.

C’est moins le cas pour les entreprises innovantes qui ont besoin de réactivité “business”.
Comme le succès de la Suisse est porté par l’innovation, l’agilité est à préserver. Contribuer aux changements, aux “pivotages” stratégiques de l’entreprise, c’est ce qui doit être attendu de l’IT suisse. A l’IT suisse d’y répondre !

Délocaliser, plus cher que produire en Suisse

Il s’agit pour l’IT d’être compatible avec l’accélération du bio-rythme stratégique de l’entreprise. Cette accélération est détaillée dans les démarches de A. Osterwalder qui vient de l’université de Lausanne  (« Value Proposition Canvas » et  « Lean Business Model »). Elle rapproche la décision stratégique de sa réalisation opérationnelle. L’ IT passe d’une fonction de support à un rôle de contributeur majeur à l’accélération des ajustements stratégiques. L’IT ne met pas en avant ses plans directeurs à 3 ans, mais plutôt, contribue à raccourcir les délais de lancement de nouveaux produits, à accélérer les interactions avec le client.

Le constat est similaire avec une autre étude de l’UNIL, “délocaliser plus cher que produire en Suisse”. Elle évalue le coût de la perte de réactivité issue d’une délocalisation. Cette “boîte à outils” est promue par le gouvernement US pour relocaliser de la production industrielle sur le sol américain. Après quelques ajustements, elle devrait pouvoir être utilisée pour les options de délocalisation ou relocalisation d’une “l’usine de code” proche du métier.

DevOps, l’avenir de l’IT en Suisse ?

La démarche DevOps rapproche le développement IT avec les opérations. Elle produit tous ses effets quand l’ensemble de ce dispositif IT se rapproche du métier. Quand le métier, le marketing, les commerciaux, les analystes, les développeurs, les opérations et l’infrastructure collaborent pour couvrir rapidement un besoin du marché.

Cette démarche n’exclut pas des délocalisations ciblées. Elle les circonscrit aux activités qui ne sont pas stratégiques et qui demandent peu de réactivité ou de démarche collaborative.

En Suisse, la pénurie est elle à délocaliser ?

La pénurie d’informaticiens en Suisse provient du faible nombre de places dans les formations informatiques et la tendance des meilleurs ingénieurs à ne pas choisir la spécialisation informatique. Les jeunes ingénieurs s’orientent davantage vers l’informatique appliquée (biotech, medtech …).
Comme on trouve peu d’informaticiens suisses, plutôt que de faire venir des étrangers, on pourrait préférer délocaliser l’activité.

Dans les faits, la “désinformatisation” de la Suisse serait une catastrophe. Ce risque est caché par une autre catastrophe dont on parle davantage, la “désindustrialisation”.

Il faut une informatique Suisse dynamique parce que :

  • L’innovation ne peut se faire sans informatique.
  • La montée en gamme sur le prix, la qualité perçue, les fonctionnalités a besoin d’informatique.
  • L’informatique fait partie de la trousse à outil de la Qualité Suisse, du Swiss Finish.

DevOps pour renforcer l’informatique suisse

La démarche DevOps en Suisse peut renforcer l’informatique suisse à deux niveaux.
Les ingénieurs en formation seront incités à rester dans le secteur parce que leur contribution future à la réussite de la stratégie de l’entreprise sera valorisée.

Les jeunes informaticiens en apprentissage, avec un moindre bagage académique, bénéficieront de cette démarche qui gomme les frontières entre les technologies et les spécialités. La fluidité de la communication, l’ouverture d’esprit y sont aussi importants que la technicité. Le caractère pratique et immédiatement opérationnel y facilite la découverte des concepts complexes.

Un exemple pratique

Comme ces enjeux nous semblent importants, nous organisons une initiative qui présente le DevOps par des ateliers robotiques.
Une première volée d’initiation va commencer cette semaine avec des Lego Mindstorm EV3.
L’objectif c’est de :

  • Se préparer aux futures initiatives DevOps sur son lieu de travail
  • Progresser en matière de communication entre les spécialités
  • Activer la Qualité Suisse par la fluidité, le collaboratif et l’innovation plutôt que par la rigidité des processus.

Ceux qui se découvriront une fibre pédagogique, pourront participer à la volée suivante en tant que moniteur pour un public d’apprentis.
Tous nos vœux de succès à cette première volée !

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